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Subjectivité processuelle et devenir technique de l’imaginaire – Anais Nony

Anaïs Nony

Académie d’été d’Épineuil-le-Fleuriel 2014. Rêves, cinéma, cerveaux

Subjectivité processuelle et devenir technique de l’imaginaire

I. La médiation comme réseau de technicité

Protocole:

Vert. Thèses et enjeux que je propose ou que je partage

Rouge. Affirmation polémique à débattre

Bleu. Ce qui requiert développement

Jaune. Mots-clés

Points que je reprendrai à l’oral et que je souhaiterais discuter

Résumé:

Ce texte, intitulé « La médiation comme réseau de technicité, » propose de contextualiser un récent débat provoqué par la parution de l’ouvrage Excommunication au printemps dernier. Co-écrit par Eugene Thacker, McKenzie Wark, et Alexander Galloway, la médiation y est présentée comme excommunication, que je décris au §1 comme compliquant la hiérarchisation entendue entre méthode herméneutique, approche phénoménologique, et modèles systémiques. Au §2, je discute la position de Geert Lovink selon laquelle le devoir du théoricien est de combattre en pratique le déploiement systémique d’une médiasphère (Debray) ou mieux d’une hypersphère (Merzeau) constituée de rétentions tertiaires globalisées. Au §3, je discute le propos de McKenzie Wark selon lequel le théoricien doit développer des outils conceptuels permettant l’ouverture des modèles d’analyse critique afin d’adresser au mieux le potentiel futur de chaque objet technique. Au §4, je propose de redéfinir ce débat en terme d’enjeux éthiques et de défis méthodologiques et ce à travers la notion d’expérience entendue comme la concrescence de dimensions relationnelles qui échappent et pourtant structure la condition de possibilité d’une subjectivité en devenir. Au §5, je tente une mise en parallèle de la notion d’ouverture de l’objet technique chez Simondon avec la nécessaire et pressante ouverture des modèles d’analyse critique des médias. Pour répondre à l’enjeu posé par les médias du XXIe siècle, je propose de développer une pharmacologie du réseau comme étant à la fois contagion systémique d’une déroute des compétences techniques effectuée par la normalisation de la genèse de l’objet technique; et condition d’ouverture de l’objet technique. En d’autres termes, il s’agit de faire une analyse critique du réseau comme pharmakon et de la médiation comme objet technique et plus particulièrement de penser la médiation comme réseau de technicité.

Enjeux:

Afin de ne pas entièrement répéter le texte préalablement circulé et d’offrir matières à discuter, mon intervention orale du 18 août intitulée « le milieu comme continuum préhensif » interrogera la notion de subjectivité processuelle entendue comme la formation phasique (Husserl, Simondon) et non positionnelle ou computationelle du sujet en relation avec un environnement constitué d’entités actuelles formant un milieu préhensif (Whitehead). J’étudie la médiation comme réseau de technicité (Simondon) afin d’interroger la notion de milieu comme constitué d’objets techniques médians ayant un impact sur la formation et le devenir technique d’un imaginaire individuel et collectif.

Travail en cours

Prière de ne pas faire circuler en dehors des amis de Pharmakon.fr

Contact : anaisnony@gmail.com

I La médiation comme réseau de technicité

§1

Dans Excommunication, le récent ouvrage co-écrit par McKenzie Wark, Alexander Galloway, et Eugene Thacker (W,G,&T), les notions de media et de médiation sont comprises comme des objets conceptuels en-soi (2). Les trois auteurs développent une théorie de la médiation comme excommunication (11) qu’ils définissent tour à tour comme a priori, comme excès, ou comme retrait de la communication. Le concept d’excommunication prend l’impossibilité et l’insuffisance de toute communication pour modèle (16). Plus particulièrement dans l’essai écrit par Alexander Galloway, trois modes de communication se distinguent: l’un est le texte, représenté par la figure d’Hermès et permettant la méthode d’analyse critique qu’est l’herméneutique; le second est l’image représenté aussi par une forme divine de médiation pure à travers la figure d’Iris permettant l’expérience de l’immédiateté de l’immanence et donnant forme à la phénoménologie; le dernier est le réseau représenté par la figure des Furies permettant la contagieuse présence d’un système. Pour Galloway, le textuel, le visuel et le systémique opèrent de concert dans la plupart des artifices médiatiques composant notre environnement (46). Galloway souligne néanmoins une tendance à la systématisation, imposant le réseau comme nouveau signifiant et ce au détriment d’autres formes d’accès au savoir (herméneutique, phénoménologique). Il y a la mise en place d’une chute tendancielle de l’efficacité des modèles basés sur le texte et l’image qui marque le déploiement d’un mode communicatif entièrement différent, celui de la machine, du système, du réseau (62). La figure des Furies est utilisée pour s’approcher de systèmes complexes tels que les rhizomes et les assemblages (17) et questionner le déploiement d’une modalité de médiation à tendance hégémonique. Notre relation au monde ne s’opérerait plus tant par la cryptographie d’Hermès, ni par le prisme irradient d’Iris, mais bien par le réseau souterrain des Furies, imposant un mode de communication qui opère en parallèle du réel et dont les forces mettent à défis la possibilité d’accéder à l’objet de la médiation et d’en conceptualiser une théorie. En proposant le concept d’excommunication, les trois auteurs avancent un outil conceptuel d’accès à ce qui déborde toujours, déjà, encore (de) la médiation, redéfinissant ainsi notre condition d’êtres en relation médiane avec le monde, comme étant dépendante d’une modalité communicative qui nous échappe, que ce dernier—le monde—soit actuel, virtuel, ou spéculatif.

§2

En avril dernier, Geert Lovink répond à la récente publication de Excommunication. Dans « Hermes on the Hudson: Notes on Media Theory After Snowden. » Lovink critique la position adoptée par W,G,&T, qui tournent le dos selon lui au scandale créé par l’affaire Snowden pour se réfugier dans un jargon universitaire hautement codifié, soutenu par des figures de la mythologie grecque qui ne parle qu’à un petit nombre d’initiés (4). Pour Lovink, l’affaire Snowden marque un tournant décisif dans l’étude des médias, car il s’agit désormais de trouver rapidement des armes nouvelles pour rivaliser contre l’invasion d’un dispositif de surveillance planétaire où la liberté de parole est mise en jeu comme a priori de toute communication. Selon lui, la tâche de la théorie n’est pas de présenter sur un plan conceptuel des figures archétypales mais de prendre au sérieux les structures de communication et de circulation d’information afin de mieux s’armer en pratique contre l’impact encore méconnu des agencements algorithmiques à l’ère du digital. Pour Lovink, l’intérêt n’est pas tant de déceler le mode opératoire général de la médiation, ni même de fournir une analyse conceptuelle de ses transformations, de ses excès ou de ses échecs, mais il s’agit de s’atteler à une tâche qu’il conçoit comme plus ample, plus précise et plus pressente : celle d’interroger les modalités éthiques et les pratiques civiques d’expression et d’échange à l’ère des algorithmes socio-culturels et politiques. Lovink affirme que le défie lancé à l’analyse des médias par le développent des algorithmes est non seulement lié à la difficulté d’accéder à l’objet de l’analyse—c’est-à-dire la structure de google, le graphe social de facebook, ou bien encore la fonctionnalité invasive du drone—mais également au fait que le théoricien n’a pas appris à coder, et donc à décoder, recoder, et analyser les transferts de données à l’ère de la systématisation du modèle des mathématiques appliquées.1 Pour Lovink, le message du médium réside dans ses structures souterraines, celles qui nous échappent et qui en nous échappant structurent la possibilité même d’accéder à leurs opérations. Ce sont ces structures qui doivent être questionnées afin de rivaliser avec la mise en place de techniques de surveillance et de manipulation de plus en plus complexes et autosuffisantes à l’échelle planétaire.2 Alors que pour Lovink le devoir du théoricien réside dans l’apprentissage et la pratique de compétences qui puissent rivaliser avec le monopole du modèle algorithmique; il s’agit pour les trois auteurs de développer une approche méthodologique et un mode interprétatif différents, centrés sur la formulation de concepts à partir de notre condition présente.3

§3

McKenzie Wark répond à la critique de Lovink dans un article intitulé « Where Next for Media Theory? ». Wark affirme qu’il n’est pas un activiste mais un écrivain dont le premier ouvrage publié en 1994 intitulé Virtual Cartography propose une étude comparative de l’émergence de Twitter avec d’autres révolutions telles que celles de 1789 ou de 1917, et ce en affirmant que la tâche de la théorie des médias est de souligner le potentiel indéterminé de chaque objet, que ce dernier soit technique ou digital, que ses actions soient actuelles ou virtuelles.4 Ce potentiel de l’objet et de l’action, qui définie l’enjeu de l’analyse, est révélé par une ouverture méthodologique développée dans l’ouvrage collectif Excommunication. Il s’agit d’interroger plusieurs figures de médiation (Hermès, Iris, les Furies) afin de repenser la fabrique de la culture comme artifice alimentant et alimenté par un metaxu, un à travers ou entre-deux qui forme le milieu réciproque et réflexif de la médiation. Au banquet célébrant le concept de médiation comme excommunication pourrait se joindre Aphrodite, déesse d’un media sexuel et d’un amour pour l’entre/antre donnant forme aux multiples (Galloway, 59), ou bien encore Morphée/Morpheus qui délivre des messages à travers les songes. Un des exemples de cette condition onirique du savoir est Criton de Platon où Socrate dit connaître le jour précis de sa sentence après avoir fait l’expérience d’un songe en prison.5 Pour Wark, ces exemples proposes différentes positions afin que le passé—que ce soit les figures de la mythologie grecque, la condamnation de Socrate, la révolution française, ou l’affaire Snowden—puisse non seulement résonner dans le future, mais fabriquer du potentiel pour le futur. La théorie serait ici à entendre comme le prisme par lequel se révèle une ouverture vers du multiple et de l’hétérogène, et ce afin de mieux penser le spectrum du divers que réclame notre milieu médiatique. Il y a donc une volonté active de la part des trois auteurs de souligner que le modèle herméneutique a non seulement été privilégié par la théorie critique mais qu’il y a peut-être à inventer d’autres manières d’interroger le texte du passé et de le projeter vers le futur. Pour reprendre les mots de Vilèm Flusser dans Does Writing Have a Future?, la tâche consisterait non pas à sauver l’herméneutique de l’emprise de l’algorithme, mais de travailler avec ce dernier et ses codes afin non seulement de préserver une place pour l’écriture dans la texture d’une culture future (151), mais de développer de nouvelles méthodes permettant de resynthétiser les nouvelles images digitales qui défient les anciens modèles critiques.6

§4

Au cœur de cette discussion sur le débat sollicité par la publication de Excommunication réside un enjeu éthique et un défis méthodologique. Quand Lovink affirme qu’à l’ère des smartphones, l’épaisseur des archétypes psychiques ont été câblés et ont mutés vers un subconscient technologique semi-collectif (3), il met en garde contre la production d’une subjectivité télématique et computationelle qui se manifeste non seulement au niveau individuel mais également au niveau de l’ensemble. Comme le souligne Siegfried Zielinski dans Deep Time of Media, nous pourrions dire qu’il s’agit du passage:

de Bladerunner réalisé par Ridley Scott en 1982:

un film dans lequel une machine d’apparence humaine opère localement en ayant reçu une mémoire artificielle. Ici Sean Young joue le rôle de Rachael, un robot faisant parti des replicants qui est consciente de sa condition robotique et qui éprouve néanmoins de la nostalgie non seulement pour des souvenirs qu’elle n’a jamais eu, mais pour la vie non-artificielle qui a donné forme à ses souvenirs implantés.

– à Matrix réalisé par Andy et Larry Wachowski en 1999:

qui expose une prison pour esprits humains à échelle planétaire, un réseau nommé matrix qui recouvre la terre et contrôle toute « action, émotion et expression »7. Ce réseau de codes est alimenté par l’énergie des humains qui sont réduits à un état léthargique. Forcé au sommeil, leur esprit est projeté dans un monde fictif, le nôtre. La matrix est révélé à Néo par Morpheus, la divinité des rêves prophétiques, celui qui prend forme humaine et apparaît dans les rêves comme c’est le cas lors de l’emprisonnement de Socrate comme mentionné plus haut.8

Il s’agirait donc de lutter contre la mise en place d’une hypersphère qui forme une rétention tertiaire globale et globalisante, produite et dirigée par un dispositif de régulation des subjectivités. Le pouvoir de discrimination automatique de l’algorithme est à interroger depuis une zone d’hyper-complexité dont le fonctionnement est en lutte contre une totalisation des consciences qui participe à la mise en place d’une subjectivité capitaliste.9 La médiation s’ancre ici dans un champs de forces en tension contraire dont l’enjeu est la double réduction des potentiels de l’ensemble en un système clos et de la métastabilité du milieu en une structure dont la contingence est régie par l’application de formulas. L’ensemble et le milieu, en formant la zone propice à l’élaboration de champs nouveaux, sont à préserver d’une logique formelle dont le pilote automatique à remplacer la subjectivité par l’algorithme. Par ailleurs, lorsqu’on lit dans Excommunication que ce que Wark appelle dark media opère dans un au-delà ontologique—au coeur d’une zone ambivalente entre l’objet et la chose où le sujet n’est plus le centre perceptivo-sensitif mais un élément parmi d’autres—c’est l’expérience qui est l’enjeu des « médias du XXIe siècle, » pour reprendre une formulation de Mark Hansen. Cette expérience s’entend comme n’étant plus uniquement le résultat d’une médiation humaine.10 L’objet de la médiation échappe à la perception en opérant au niveau de structures souterraines et submédiales,11 et qui néanmoins conditionnent l’expérience et concernent l’espace relationnel entre des entités non divisées a priori en catégories. Il s’agit de s’écarter des oppositions telles que sujet et objet, homme et machine, humain et post ou in-humain, afin de nous concentrer sur un environnement médiatique dynamique à plusieurs dimensions, où les phénomènes dépassent l’expérience tout en structurant sa possibilité. L’expérience est ici entendue comme la concrescence de dimensions relationnelles qui échappent et pourtant structure la condition de possibilité d’une subjectivité en devenir. Ainsi, la problématique centrale à ce débat serait tout autant un enjeu civique et éthique, qu’un défis méthodologique et conceptuel.

§5

Autrement dit, la problématique discutée par ces deux camps de la théorie des médias réside dans le fait formulé ainsi par Simondon: « l’action humaine ne sait plus trouver ses points d’insertion ».12 Face à une technicité en tension entre progrès technologique et archétype social, entre utilité et symbolisme développés dans un après coup de la création de l’objet technique (Simondon, 32), la théorie critique des médias doit non seulement prendre en compte les enjeux d’une technicité dont « le mode d’être existe en réseaux » (65), mais également relever le défis d’une complexification des structures d’échange. Ici le mot réseau est à entendre selon deux acceptions non dialectiques et néanmoins interdépendantes: 1) le réseau comme évolution systémique dont la structure se construit par l’application, l’échange et la distribution de formules mathématiques13; 2) le réseau comme ouverture et déploiement de l’objet technique. Chez Simondon, le réseau de technicité est entendu comme condition d’ouverture de l’objet technique.14 Dans le régime artisanal, « l’acte de réparation reprend les attitudes et les procédés de l’acte de production » (63), l’ouverture de l’objet technique s’inscrit dans un réseau de compétences au centre duquel se tient la figure de l’amateur (63). Dans le cas de l’objet artisanal, le réseau de technicité s’inscrit au niveau de l’ensemble. Comme nous l’informe Simondon, « l’objet technique ouvert est néotenique, il est toujours, dans une certaine mesure, en état de construction, à l’image d’un organisme en voie de croissance. » (61) À l’opposé se tient l’objet industriel qui met l’homme « en présence d’objets qui ne sont pas immédiatement clairs pour lui; ils sont tous près de lui en tant qu’objets d’usage, mais il lui demeurent étrangers parce qu’ils ne sont pas aisément déchiffrables » (65). Dans le cas de l’objet industriel, le réseau de technicité n’inscrit plus au niveau l’ensemble dont la genèse est normalisé, mais au niveau de l’élément et donc de la pièce détachée. Alors qu’en régime artisanal, « la normativité s’exerce au cours de la genèse » afin de l’adapter à elle-même par retouches progressives, en « régime industriel global et extensif » la normativité s’exerce en fin de fabrication, comme clôture de l’ensemble. (64) Dans la phase industrielle, la condition essentielle du progrès technique est la libération de l’élément qui permet à l’objet de se concrétiser et donc de se perfectionner (68). Ainsi, l’objet artisanal est ouvert au niveau de l’ensemble, c’est-à-dire que son code mécanique est en adéquation avec le code humain de son utilisateur (64-66). À l’inverse, l’objet industriel est fermé au niveau de l’ensemble mais est ouvert au niveau de l’élément servant à le constituer. « La totalité n’est plus au niveau de l’objet, comme dans la phase artisanale: elle se condense dans la pièce détachée et se dilate en un immense réseau de distribution de ces pièces à travers le monde. » (69) Grâce à la notion de réseau de technicité, nous pouvons formulé un contraste entre l’organisme, où la pièce « porte la marque de tous les autres organes » (67) ; et l’assemblage, où la pièce dépend d’un réseau global de distribution.15

Conclusion provisoire

Finalement, pour répondre à l’enjeu posé par les médias du XXIe siècle, il y aurait à développer une pharmacologie du réseau comme étant à la fois contagion systémique d’une déroute des compétences techniques effectuée par la normalisation de la genèse de l’objet technique; et condition d’ouverture de l’objet technique. En d’autres termes, il s’agit de faire une analyse critique du réseau comme pharmakon et de la médiation comme objet technique. Que ce soit chez Lovink, Dean, Groys, ou bien nos trois compères W,G,&T, l’important n’est pas tant l’objet de la médiation mais la médiation comme objet, comme enjeu et comme défis. Ici, ce qui nous intéresse est de penser la médiation comme réseau de technicité et ce afin de penser une subjectivité processuelle, en processus, en devenir, et en relation avec des phénomènes qui dépasse l’expérience et quand bien même la structurent.

Ouvrages cités

Beller, Jonathan. The Cinematic Mode Of Production. Attention Economy and The Society of

Spectacle. Hanover : Dartmouth College Press, 2006.

Dean, Jodie. Blog Theory. Feedback and Capture in the Circuit of Drive. Cambridge: Polity

Press, 2010.

Flusser, Vilèm. Does writing have a future? Minneapolis: University of Minnesota Press,

2011.

Fuller, M., et Goffey, A. Evil Media. Cambridge: MIT Press, 2012.

Galloway, A., Thacker, E., et Wrack, M. Excommunication. Three Inquiries in media and

mediation. Chicago : The University of Chicago Press, 2014.

Goodman, Steve. Sonic Warfare. Sound, Effect, and the Ecology of Fear. Cambridge: MIT

Press, 2012.

Groys, Boris. Under Suspicion. A Phenomenology of Media. New York: Columbia

Unversity Press, 2012.

Guattari, Félix. Cartographies Schizoanalytiques. Paris: Galilée, 1989.

Husserl, Edmond. Sur la phénoménologie de la conscience intime du temps.1893-1917.

Grenoble: Million, 2003.

Laruelle, François. « La vérité selon Hermès: Théorèmes sur le secret et la Communication. »

Analecta Husserliana 22 (1987): 397-401.

Lovink, Geert. « Hermes on the Hudson: Notes on Media Theory After Snowden. » E-Flux

Journal #54, April 2014. Web.

Neumann, John von The Computer and The Brain. New Haven: Yale University Press, 1958.

Parisi, Luciana. Contagious Architecture. Computation, Aesthetics, and Space. Cambridge:

MIT Press 2013.

Platon, Apologies de Socrate. Criton. Phédon. Paris: Gallimard, 1988.

Simondon, Gilbert. Sur la technique. Paris: PUF, 2014.

Wark, McKenzie. « Where next for media theory? » Public Seminar, April 9 2014. Web.

Whitehead, Alfred. Procès et Réalité. Paris: Gallimard, 1995.

Zielinski, Siegfried. Deep Time of Media. Cambridge: MIT Press, 2006.

1 Sur ce point, il serait intéressant de formuler une analyse comparative des machines d’Alan Turing et des projets de John von Neumann développés à l’Institute for Advanced Study à Princetown aux États-Unis. Les machines de Turing n’ont servi qu’à la mise en place du projet d’intelligence computationelle récupéré et développé par von Neumann qui travaille à la concrétisation d’une symbiose entre neurone idéel et mémoire artificielle. Voir John von Neumann, The Computer and The Brain, New Haven: Yale University Press, 1958.

2 Un exemple cité par Lovink est la théoricienne Jodie Dean qui parle de capitalisme communicatif notamment dans son ouvrage Blog Theory mais qui reste planquée, selon Lovink, dans le ghetto des universités américaines (Lovink, 7). Nous devons néanmoins reconnaître que cette jeune professeure prend à bras le corps un sujet non seulement d’actualité mais un sujet qui actualise l’écriture de soi comme pratique collective et comme relations de production à l’ère de l’économie de l’attention (Stiegler, Terranova) et du travail immatériel (Lazzarato). Jodie Dean, Blog Theory. Feedback and Capture in the Circuit of Drive, Cambridge: Polity Press, 2010.

3 Lovink propose une définition de la théorie critique et de la communication bien traditionnelles et dont les batailles sont celles acclamées par l’esthétique marxiste et la critique culturelle de gauche dont on sait—oh combien—que notre monde contemporain (celui des média de masse et de la politique consumériste) contrôle non seulement cette critique mais toute action qui en résulterait. (Cela fait penser à l’académie d’été de 2013 où l’enjeu d’« occupy » avait été adressé.) En plaçant le débat Lovink / W,G&T dans un contexte plus large, nous retrouvons un abysse intellectuel séparant deux branches d’une même famille, celle de l’École de Francfort, dont les générations post-Adorno&Horkheimer n’ont pas fini de disputer l’héritage de leurs ainés sans pour autant se mettre d’accord sur de nouveaux modèles critiques à développer.

4 Ici cette formulation n’est pas à entendre en terme d’oppositions mais bien en terme de dimensions potentielle de l’objet.

5 « Criton: Et sur quoi te fondes-tu?

Socrate: Je m’en vais te le dire. C’est en effet, le lendemain du jour où le navire sera arrivé qu’il faudra que je meurs…

Criton: Telle est au moins, sûrement, la déclaration de ceux qui ont autorisé en l’espèce…

Socrate: Aussi bien ne crois-je pas qu’il sera là ce jour qui vient, mais l’autre, et, pour le dire, je me fonde sur un songe, dont au cours de cette vision même, j’ai eu un peu auparavant la vision. Il y a même chance que, assez opportunément, tu ne m’aies pas réveillé! »

Platon, Apologies de Socrate. Criton. Phédon. Paris: Gallimard, 1988, p.73.

6 « A completely different critical method is required, one that is only approximately named by the concept ‘systems analysis.’ For this, alphabetic thinking is useless. This is not to say that we are surrounding to the new images uncritically; on the contrary, we will develop new methods so that we can analyze and resynthesize them. Such methods are already being developed. The attempt to rescue the old critical thinking may be noble, but it is completely beside the point. We will have to learn how to write digitally, should writing still be a suitable designation for such a means of notation, and should anyone still be able to see it as a recoding from old into new codes. »

Vilèm Flusser, Does writing have a future? Minneapolis: University of Minnesota Press, 2011, p.152.

7 Siegfried Zielinski, Deep Time of Media. Cambridge: MIT Press, 2006, p.1.

8 Un important ouvrage sur la question de l’économie de l’attention est le livre The Cinematic Mode Of Production de Jonathan Beller, voir l’introduction et spécialement le chapitre 5: « The Pyrotechnics of Control. Numismatics of the Sensual, Calculus of the Image » in The Cinematic Mode Of Production. Attention Economy and The Society of Spectacle. Hanover: Dartmouth College Press, 2006, pp.243-264.

9 Ici, il faut faire entrer Félix Guattari dans ce dialogue qui développe dans l’ouvrage Cartographies Schizoanalytiques, la schizoanalyse comme méta-modèle permettant d’analyser d’autres systèmes modélisant et dont l’enjeu reste la subjectivité comme opérateur central des assemblages énonciatifs.

10 Dans « Dark Media », Wark est clair quant aux enjeux de son argument: « what is at stake is not just the experience of a subject, but the mediation of and through an object. » (113). Wark ne va pas jusqu’à argument envers la nouvelle tendance « OOO » (Object Oriented Onthology) qui prône une relation exclusive d’objet à objet où le sujet a déserté. Néanmoins, Wark souligne l’importance d’une qualité occulte propre à l’objet de la médiation. En d’autres termes, Wark interroge les possibles passages entre objets et choses, entre ce qui est déjà accessible à nous en tant que sujet humain, et ce qui se retire énigmatiquement vers une région que l’on ne peut décrire qu’en terme de « chose en-soi » (119).

11 Sur l’espace submedial, voir le premier chapitre de Under Suspicion. A Phenomenology of Media de Boris Groys. Nous ne discuterons pas ici des implications de son analyse mais relevons néanmoins la pertinence de la formulation d’un espace qui opère en dessous des phénomènes perceptibles, affectant ainsi l’expérience de ces derniers ainsi que leurs transmissions, répétitions, circulations.

12 Gilbert Simondon, « Psychosociologie de la technicité, » Sur la technique, Paris: PUF, 2014, p. 65.

13 Voir notamment les récentes publications telles que Contagious Architecture de Luciana Parisi, Evil Media de Matthew Fuller et Andrew Goffey ou bien encore Sonic Warfare de Steve Goodman.

14 « Il ne peut pas y avoir déploiement d’une réelle ouverture des objets techniques sans création d’une réseau de technicité. » Ibid., p.69

15 Chez Simondon et chez Guattari il y aurait deux définitions distinctes, voir contraires, de la notion d’assemblage.

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